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16
déc
09

IRM

Je suis rarement attiré par la descendance des célébrités. Faut dire qu’avec Enrique Iglesias, David Hallyday, ou Julien Voulzy, les a priori sont faciles.

Mais Charlotte Gainsbourg sait s’entourer. Après AIR, c’est le génie Beck qui s’occupe de l’écriture de son nouvel album, IRM. Le premier album m’avait endormi, mis à part sur l’ouverture “5:55″, ritournelle parfaite qui ressemblait cependant plus à un titre de AIR avec la chanteuse en apparition qu’à une oeuvre personnelle.

Cette fois, les deux premiers titres prennent tout le monde à contre courant. Master’s Hand ouvre l’album sur une voix moins timide qu’auparavant, la basse attaque ses premières boucles, quelques cordes de guitare viennent s’ajouter, la méthode Beck est claire dès les premières minutes: gommer le superflu, place à l’ambiance.

L’ambiance, Charlotte et Beck réussissent à l’installer dès le deuxième morceau éponyme, pierre angulaire de l’album. On ressent fortement l’aspect claustrophobique de l’examen (la chanteuse a subi une opération suite à une hémorragie cérébrale), mais aussi la rythmique déconstruite propre aux machines médicales. Beck s’inspire directement de ses anciens producteurs The Dust Brothers dans l’utilisation des samples et au niveau de la structure d’ensemble.

La chanteuse s’essaye au français sur l’inquiétant Le Chat Du Café Des Artistes aux paroles toutes droit sorties d’un drame musical de Tim Burton: “Quand on est mort c’est qu’on est mort/ Quand on ne rit plus c’est qu’on ne vit plus/ Quand j’aurai coupé la ficelle/Mettez moi dans une poubelle”. Effectivement, sorti de son contexte musical, la pauvreté des rimes ressort, mais le décalage et l’atmosphère de la chanson rendent le tout crédible.

Charlotte étoffe même son registre sur Trick Pony, beaucoup plus rock que le reste de l’album, chanson dans laquelle on ressent une potentielle Alison Mosshart, rockeuse la plus sexy du monde, leader de The Kills.

Que dire du single “Heaven Can Wait”, en duo avec Beck, chanson pop parfaite, appuyée par l’un des meilleurs clips de l’année.

La première écoute laisse l’auditeur un peu confus, il n’y a pourtant aucun titre à jeter, même si certaines chansons ne passeront probablement pas l’épreuve du temps,  comme Vanities.

Mais la double conclusion est magique. La Collectionneuse est le deuxième titre phare de IRM, chanté en anglais, parlé en français, sur une boucle de violon magistrale, et des vocaux de Beck en arrière fond. Looking Glass Blue reprend l’auditeur en miette ou en larme pour une dernière chanson cool, genre décapotable sur la route 66, guitare et handclaps en fond sonore.

Papa serait fier.

mut


Teaser

Disponible depuis le 7 décembre 2009 sur Because




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