Archives de l’Auteur pour Benoit Koscik

28
juil
10

Hans Zimmer: Inception (Music From The Motion Picture)

One Simple Idea


Depuis Batman Begins, le magicien du 21e siècle Christopher Nolan s’appuie sur Hans Zimmer pour l’habillage sonore de ses films. Un inconnu ? Non, ce type si discret signe pourtant la moitié des bandes originales d’Hollywood.

La patte Hans Zimmer est simple, efficace et se recoupe dans chaque film de Nolan. Vous savez, dans The Dark Knight, ce son strident qui gagne en intensité à chaque apparition du  Joker expliquant le comment de ses cicatrices.

La même gifle sonore est utilisée dans Inception, depuis la bande annonce d’il y a 6 mois : une trompette sourde cette fois, indiquant au spectateur : « écoute, ce film ne sera pas comme les autres. »

Et la bande originale, pourtant si conventionnelle, marche à merveille. Le film a besoin de sa musique et réciproquement, comme deux amoureux ont besoin d’être ensemble pour se sentir, être beaux.

Titre parfait en plein cœur de la BO, 528491, s’ouvre sur une montée de violons tragique de deux minutes , avant de s’effondrer sur cette même trompette, toujours aussi frissonnante, rappelant les regards de Marion Cotillard qui glacent le sang.

Mombassa se réfère aux scènes d’actions léchées, avec sa boucle de guitare sur la fin, qui nous renvoie aux labyrinthes sans fin et paradoxes du film, une réelle excitation.

Sur Waiting For A Train, Hans Zimmer n’oublie pas de faire de nouveau son clin d’oeil à Edith Piaf en déposant subtilement son sample de Non, Je ne Regrette Rien, nous sortant alors d’un semi-sommeil, suite à une longue plage atmosphérique.

Tout comme le scénario du film se reflète dans la narration et la réalisation, la musique vient elle aussi s’imbriquer dans le film, réglée à la note, au silence près, jusqu’à se fondre littéralement dans le chef-d’œuvre (oui, chef-d’œuvre) de Christopher Nolan.

La dernière piste, Time, épique, s’arrête comme le film, nous laissant cette fois un son dans la tête, comme une toupie qui ne s’arrêterait plus jamais de tourner.

Le fait qu’Inception soit au Panthéon des films de cette décennie ne fait aucun doute, tout comme le fait que l’on retrouvera l’alchimie de Hans Zimmer et Christopher Nolan, créateurs de génie, sur le prochain Batman, actuellement en pré-production.

Mut

528491

24
juin
10

They’re MAD, HAHA !

A peine en Mai et on tient déjà l’album de l’année, voire même celui qu’on fera écouter à nos mômes dans 20 ans comme nos pères nous bassinent avec Led Zeppelin.

Deuxième essai du groupe superstar The Dead Weather, dernier side project en date de Jack White (The White Stripes), accompagné d’Alison Mosshart (The Kills), du bassiste des Queens of the Stone Age et du guitariste des Raconteurs, bref, un groupe qui aurait eu du mal à passer chez feu Pascal Sevran.

Après l’excellent « Horehound » l’an passé, la team rempile sur « Sea of Cowards » et balance un brulôt Rock’n’Roll de 38 minutes boosté à la testotérone et à la crasse.

L’album s’ouvre sur “Blue Blood Blues”.

Surprise, Jack White, relégué à la batterie d’habitude prend ici les rennes et nous rappelle qu’il a ce don insolent pour écrire des textes moites et arrogants.

Les riffs martèlent le cerveau sur les 3 chansons suivantes, sans s’arrêter une seule seconde, jusqu’au meilleur titre de l’album, « I’m mad ».

Mosshart, juste mais parfois un peu trop sage l’an passé, fait preuve ici d’une folie pure et dure au niveau de l’énergie et de la voix. La puissance fait honneur à Led Zep (toujours nos pères) et la sueur aux Stooges, sans jamais plagier.

Passons à « Gasoline », combien de fois j’ai pu voir ce titre utilisé dans du mauvais R’n’B ou Reggaeton sans jamais même sentir la moindre odeur d’essence. Ici, des saturations à la limite du faux, et une ligne de guitare monstrueuse viennent donner corps à ce qui ressemblait à un titre anecdotique.

Sur « Jawbreaker », White défonce sa batterie, et s’amuse avec un orgue sur le final « Old Mary », un peu plus calme.

En résumé, ce disque ne s’est pas lavée depuis une semaine, pue le sexe et l’alcool, et négocie sa survie dans un saloon hostile du Texas.

Bang, bang, Rock’n’roll !

Mut

16
déc
09

IRM

Je suis rarement attiré par la descendance des célébrités. Faut dire qu’avec Enrique Iglesias, David Hallyday, ou Julien Voulzy, les a priori sont faciles.

Mais Charlotte Gainsbourg sait s’entourer. Après AIR, c’est le génie Beck qui s’occupe de l’écriture de son nouvel album, IRM. Le premier album m’avait endormi, mis à part sur l’ouverture “5:55″, ritournelle parfaite qui ressemblait cependant plus à un titre de AIR avec la chanteuse en apparition qu’à une oeuvre personnelle.

Cette fois, les deux premiers titres prennent tout le monde à contre courant. Master’s Hand ouvre l’album sur une voix moins timide qu’auparavant, la basse attaque ses premières boucles, quelques cordes de guitare viennent s’ajouter, la méthode Beck est claire dès les premières minutes: gommer le superflu, place à l’ambiance.

L’ambiance, Charlotte et Beck réussissent à l’installer dès le deuxième morceau éponyme, pierre angulaire de l’album. On ressent fortement l’aspect claustrophobique de l’examen (la chanteuse a subi une opération suite à une hémorragie cérébrale), mais aussi la rythmique déconstruite propre aux machines médicales. Beck s’inspire directement de ses anciens producteurs The Dust Brothers dans l’utilisation des samples et au niveau de la structure d’ensemble.

La chanteuse s’essaye au français sur l’inquiétant Le Chat Du Café Des Artistes aux paroles toutes droit sorties d’un drame musical de Tim Burton: “Quand on est mort c’est qu’on est mort/ Quand on ne rit plus c’est qu’on ne vit plus/ Quand j’aurai coupé la ficelle/Mettez moi dans une poubelle”. Effectivement, sorti de son contexte musical, la pauvreté des rimes ressort, mais le décalage et l’atmosphère de la chanson rendent le tout crédible.

Charlotte étoffe même son registre sur Trick Pony, beaucoup plus rock que le reste de l’album, chanson dans laquelle on ressent une potentielle Alison Mosshart, rockeuse la plus sexy du monde, leader de The Kills.

Que dire du single “Heaven Can Wait”, en duo avec Beck, chanson pop parfaite, appuyée par l’un des meilleurs clips de l’année.

La première écoute laisse l’auditeur un peu confus, il n’y a pourtant aucun titre à jeter, même si certaines chansons ne passeront probablement pas l’épreuve du temps,  comme Vanities.

Mais la double conclusion est magique. La Collectionneuse est le deuxième titre phare de IRM, chanté en anglais, parlé en français, sur une boucle de violon magistrale, et des vocaux de Beck en arrière fond. Looking Glass Blue reprend l’auditeur en miette ou en larme pour une dernière chanson cool, genre décapotable sur la route 66, guitare et handclaps en fond sonore.

Papa serait fier.

mut


Teaser

Disponible depuis le 7 décembre 2009 sur Because

16
déc
09

Most people are a waste of time

En photo: Ed

Un concert à Savigny le Temple, bon j’ai connu plus glamour comme lieu, mais vu que c’est offert je vais pas chipoter.

La salle a pourtant un potentiel intéressant et a accueilli des artistes comme -M-, Dionysos, Mademoiselle K ou encore Luke, enfin c’est ce que je vois sur les affiches qui jonchent le restau’ collé à la salle, où Uncommon Men From Mars alternent entre la préparation des balances et leurs mélanges de Ricard.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, deux groupes sont là pour chauffer les esprits. Loupé. Déjà je n’ai pas retenu les noms, c’est mauvais signe. Juste une citation du premier groupe qui ose entrer sur scène avec les Beach Boys en fond sonore: “nous on fait du punk de la plage !”. D’accord les mecs, mais même ma grand mère en train de hand-banger sur Gregory Lemarchal paraît plus punk que vous.

Ensuite, un mec solo avec sa gratte sèche vient assurer l’intérim du groupe prévu sur le flyer, Dead Pop Club. Une performance plus qu’honorable.

Autant dire que mon état d’esprit était clairement négatif avant l’arrivée de la tête d’affiche du soir.

Uncommon Men From Mars donc, original le nom. Groupe français auto-produit depuis 4 albums. Pour la petite histoire, le chanteur du groupe, sosie de Jeff Goldblum, est né aux States puis a émigré vers la France, puis a lancé ce groupe de punk aux influences américaines. Dommage, la démarche en sens inverse les aurait mis pour sur sous les feux de la rampe. Car ce groupe est bon, voire même excellent. Pourtant, le pitch les donnait perdus d’avance. Punk Rock pour skater boutonneux ricain, pas ma tasse de thé en règle générale, à quelques exceptions près. Ils en font désormais partie, et la remise en cause de mes goûts musicaux chaque année fait mal. Grandir ils appellent ça.

“It’s All For The Greater Good”, brûlot de 3 minutes, entame et enflamme la salle. C’est là aussi que le mot Pogo prend tout son sens. D’ailleurs, mention spéciale au gamin de 17 piges qui joue la carte du “Drunken Pogo Master”, pantin complètement désarticulé qui envoie au tapis la foule de chevelus l’entourant.

Mais revenons à la musique, ce concert m’aura fait réaliser une chose: le fossé séparant une tête d’affiche d’une première partie est colossal, surtout dans une petite salle comme celle ci.

La complicité entre les membres ne trompe pas, les deux jumeaux, l’alter-ego de Bruno Gaccio à la basse, s’envoient constamment des vannes de gars bourrés entre les chansons pour pallier au fait de ne pas avoir de régisseur sur scène. L’ambiance est intime, le groupe accueille quelques fans sur scène, se filme avec le caméscope de l’un deux, chambre un couple dans la fosse qui apparemment ne le sera plus dans quelques temps.

Ensuite, la maîtrise musicale est impressionnante. Des riffs supersoniques, une batterie carrée,et une basse qui englobe le tout de façon cohérente, on est bien devant un groupe qui a plus de 10 ans d’existence.

La majeure partie des titres du nouvel album ont fait office de rouleau compresseur, notamment “Get Back On Your Horse”, joué pour la première fois en live, à peine répété, et réussi.

“You Can Be Evil” aurait pu figurer dans les épisodes de Buffy, à la bonne époque, tellement la mélodie est prenante. Une seule envie, bouger la tête bêtement, ça je sais faire, c’est bon.

Le groupe se permet même un rappel de deux titres à la fin, pour achever son public qui utilise ses dernières cartouches dans un pogo encore monstrueux.

Ah tiens, juste un détail marrant, cette scène, pendant le repas précédant le concert. Le bassiste du groupe se ramène dans le coin restaurant, où la gérante est en pause-diner, et demande une bouteille de coca, oui de coca.

“- Non mais on est en train de manger là, donc vous attendez cinq-dix minutes !

- D’accord madame”

Déjà, le concept de pause diner me dérange, surtout à 22h, quand les clients sont supposés acheter leur hot dogs dégueus en masse. Mais alors s’offrir le bassiste sur un plateau, lui hésitant entre le “grosse pute maintenant tu me donnes le coca” et “désolé pour le dérangement”, et elle juste pour montrer l’exemple auprès de nouvelles employées, je trouve ça limite.

En tout cas, merci à Florian pour ce concert qui ressemble à un joli cadeau de noël punk, et aussi pour la vision de son corps en chewing-gum maltraité dans la foule.

http://www.myspace.com/uncommonmenfrommars

Prochain rendez-vous le 23 à la grande halle de la Villette…

mut

13
déc
09

4 Monkeys

Alex Turner (lead vocal et guitare)


Mon instinct est infaillible.

Enfin pas autant que celui de Domino Records, label anglais le plus influent de cette décennie dans le milieu de la pop-rock British.  Je m’explique.

Les Arctic Monkeys apparaissent en 2005, sur Myspace. Ok quoi de plus banal ?

Rien. Cependant, au milieu d’une tripotée de groupes insipides éclate  le single imparable “I Bet You Look Good On The Dancefloor”, preview de la future référence “Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not”, album parfait.

4 ans plus tard, des cheveux en plus, et un stage de quelques mois dans le désert du Mojave en compagnie de Josh Homme (excusez du peu), le groupe s’offre le Zénith de Paris pour son troisième album.

Verdict: le fossé séparant leur live de 2006 de l’actuel est colossal, tant sur le plan intentionnel que sur le plan technique. Adeptes des ouvertures nerveuses, le groupe surprend dès les premiers riffs de “Dance Little Liar”, rideau dévoilant une scène plongée dans une brume épaisse. Pas de pogos ou de slams, juste un public perdu, peut être insuffisamment  familier avec ce nouvel album.

Quelques instants plus tard, un batteur et un gratteur qui commencent à vouloir tout détruire, les premières notes de “Brianstorm”, ouverture du 2e opus, retentissent dans la salle: manuel parfait d’une émeute réussie. Le public s’affole face à la succession de hits courts mais imparables que délivrent Turner et sa bande.

La suite du concert alterne entre le chaud: “The View From The Afternoon” revisité dans son refrain, et le moite: la balade sensuelle “Cornerstone”, réglée comme du papier à musique.

Seul bémol de la soirée, le Zénith de Paris a définitivement une qualité de son merdique, tellement que je commence à me demander si leur monopole insolent en terme de programmation est vraiment mérité. Passons.

Comme pour boucler la boucle, les Arctic terminent leur live d’une heure et demi sur l’une des chansons les plus poignantes du groupe, “505″. La voix nostalgique du chanteur s’accompagne d’une montée en puissance des clavier, batterie, guitare pour envoyer un final monstrueux, avec un public en osmose et généreux, conscient de la fin du concert.

Pour en revenir à mon instinct, il est désormais clair que Myspace, Domino Records ou n’importe quelle explication ne suffisent plus pour expliquer la notoriété de ce groupe. Un seul fait apparait maintenant: ils auraient réussi quoi qu’il arrive.

mut

Opening

Tracklist: Dance Little Liar / Brianstorm / This House Is A Circus / Still Take You Home / I Bet You Look Good On The Dancefloor / Sketchead / My Propeller / Crying Lightning / Dangerous Animals / The View From The Afternoon / Cornerstone / If You Were There, Beware / Pretty Visitors / The Jeweller’s Hands / Do Me A Favour / When The Sun Goes Down / Secret Door
Rappel: Fluorescent Adolescent / 505



07
déc
09

Le Papier à Musique

Il a quand même fallu qu’un prof m’ordonne la création d’un blog pour m’y mettre sérieusement.

Le but intrinsèque?

Imposer ma vision de l’environnement musical, promouvoir des artistes en devenir, rapporter ce que je vois.

Ah, et être référencé sur Google apparemment…

mut




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